Nos métiers

Faire connaître nos métiers

Le métier de concertant.e consiste à accompagner, dans le dialogue, toutes les parties prenantes à rationaliser les choix autour d’un projet. Il s’agit de promouvoir un équilibre durable entre l’intérêt général et des intérêts particuliers légitimes. La concertation fait appel à une ingénierie, des méthodes et des outils – sans oublier le numérique- qui vont permettre de mobiliser les parties prenantes à partir d’enjeux identifiés et selon des règles prédéfinies, collecter les points de vue, les restituer, les analyser et permettre à un maître d’ouvrage de prendre des décisions éclairées.

On peut parler des métiers des concertant.e.s dès lors que les démarches et processus participatifs sont de plus en plus nombreux, que les instances se structurent, que la réglementation en matière de dialogue environnemental se renforce et que le recours à des méthodologies, des outils de plus en plus spécifiques nécessitent une professionnalisation de ceux qui les accompagnent.

Cette professionnalisation se développe avec la montée en puissance des formations à nos métiers, l’émergence de profils de poste propres à nos métiers et la construction progressive de cursus professionnels pour ceux d’entre nous qui les exercent.

Debatlab recense les formations initiales et continues à ces métiers et travaille, avec ses partenaires, sur un référentiel des métiers des concertant.e.s et sur un répertoire des prestations des entreprises se consacrant à accompagner des processus participatifs, des débats publics et des concertations.

Une nouvelle filière professionnelle

Mettre en réseau des acteurs du débat public, de la concertation et des instances participatives locales ou nationales, mais pourquoi ? Parce que la créativité, l’inventivité, l’enthousiasme de tous ceux qui se consacrent à « fabriquer » du débat public doivent être mieux valorisés et reconnus.

L’association DebatLab souhaite aider une véritable filière professionnelle à se structurer prioritairement sous l’angle du métier, de l’économie et de l’emploi, en travaillant avec des partenaires qui eux s’intéressent davantage à l’angle théorique, philosophique, conceptuel ou sous l’angle des échanges de pratiques ou de savoir-faire.

Structurer la profession de « concertant »

Les professionnels de la concertation et du débat public sont de plus en plus nombreux mais leur métier reste flou :

  • Entrepreneurs, ils doivent concilier la satisfaction de leurs clients avec les principes du débat public, être créatifs et innovants dans une période de restrictions budgétaires et parfois de repli sur des méthodes classiques ou considérées comme moins risquées.
  • Collaborateurs d’entreprises (publiques, semi-publiques ou privées), leur statut est souvent précaire et ils doivent souvent eux-mêmes démontrer la plus-value de leurs postes et trouver la bonne distance avec les « communicants ». Ils participent de la bonne image de l’entreprise via la responsabilité sociale (RSE) et leur rôle contribue à la réussite des projets.
  • Agents des collectivités locales, leurs formations, leurs fiches de postes, leurs statuts, les modalités de leurs entrées dans le métier et de leurs carrières sont très hétérogènes et bien peu reconnues. Pour ces agents, la problématique est semblable à ce qu’ont vécu les « communicants » dans les années 80-90, quand il a fallu donner des contours à la communication publique pour ne pas les enfermer dans le rôle d’agent électoral ou de « danseuse » des élus locaux.

Toutes et tous sont soumis à cette forme d’injonction contradictoire : défendre leur métier et donc les principes qui l’ont fondé (ceux de la Commission nationale du Débat public pour l’essentiel) et en même temps affronter les multiples obstacles qui se dressent quand on ouvre un débat et que l’on change les règles ancestrales de la décision : du fait du prince au gouvernement du peuple par le peuple !

Il ne s’agit donc pas seulement de trouver un nouvel équilibre entre la représentation et la participation du peuple mais d’entamer une vraie révolution en intégrant du professionnalisme, de l’éthique et de la rigueur là où le bricolage ou -pire- la manipulation sévit encore.

La première ambition de DébatLab, c’est de regrouper tous ces professionnels pour faire un travail pratique de description du métier, de promotion des savoir-faire et des compétences qui s’y rattachent et de défendre ceux qui l’exercent à temps partiel ou à temps plein.

Un marché dynamique dont les règles doivent être clarifiées

Là où les « communicants » ont pu obtenir des référentiels décrivant la diversité de leurs métiers, une option dans les concours administratifs dans le secteur public, une reconnaissance dans les conventions collectives dans le privé, les « concertants » doivent pouvoir être reconnus eux aussi comme des professionnels avec des profils particuliers et des formations et des parcours mieux balisés.

Entrepreneurs, inventeurs, créateurs d’outils et de méthodologies, universitaires, chercheurs, experts publics ou privés, ils sont eux aussi très nombreux et se développent sur un marché étroit mais en progression. Même si peu d’études ont été réalisées pour le démontrer objectivement, la demande de concertation est exprimée dans tous les sondages d’opinion réalisés en France et le nombre de marchés publics qui mentionnent ce terme est en hausse constante, d’après nos observations.

Cette myriade d’entreprises, d’outils, de méthodes, d’axes de recherche doit se structurer si elle veut être en mesure d’intervenir dans les grands débats publics comme dans les plus petits. Débatlab a pour ambition de représenter cette filière économique en devenir et à l’aider à faire un travail sur elle-même en se structurant et à être plus forte face à des donneurs d’ordre nombreux et de plus en plus exigeants.

L’offre de services est disparate et la demande s’exprime de manière encore trop floue, même si l’essor de ce qu’on appelle la Civic tech est de plus en plus médiatisé. DebatLab se veut le miroir de l’innovation en la matière et veut faire sauter les obstacles qui la ralentissent, dans un dialogue constructif avec les maîtres d’ouvrage publics et privés : en donnant une place plus importante dans les marchés publics aux petites structures, aux start-ups, aux entreprises innovantes, en permettant et en facilitant les groupements entre elles et en distinguant plus nettement ce qui relève de communication de ce qui relève de la concertation.

Pascal Nicolle, président de DebatLab